Analyse des concerts du samedi de la saison 2019 _ projet 2020

. Sergio Orabona – Samedi 1er Juin

Pour ce premier concert de la saison, nous entendions un napolitain, organiste de la cathédrale de Naples , organiste de la St. Nikolaus Kirche à Stuttgart et directeur artistique du « Internationales Stuttgarter Orgelfestival ». Le choix des œuvres était particulièrement bien adapté, permettant la démonstration d’une maîtrise de l’instrument, d’une technique éblouissante qui ont manifestement impressionné le public, remercié de ses applaudissements par un bis original de Vincenzo Pietrali. Ce fut le concert d’un Napolitain enthousiaste mais aussi celui d’un Germain « modérateur ».

. Chœurs du Conservatoire de Montpellier – Mercredi 5 juin –

Horaire exceptionnel pour un concert qui le fut tout autant. Caroline Gaulon et Caroline Comola, professeurs de chant choral au Conservatoire, ont concocté un astucieux programme autour de Vivaldi permettant de faire entendre les différents chœurs du Conservatoire (féminin et mixte) accompagnés par les étudiants des classes supérieures de cordes entourés de leurs professeurs. Nous avons noté et apprécié le plaisir évident des étudiants de jouer aux côtés de leurs maîtres.

. Alain Cahagne – Samedi 8 juin

Au programme : les variations Goldberg de J.S Bach. Un monument. Une montagne. Un Everest franchi avec aisance et délicatesse par ce jeune professeur au Conservatoire de Montpellier. Faisant fi des difficultés techniques inhérentes à l’adéquation artiste/orgue, Alain Cahagne a su trouver les registrations nécessaires à une parfaite compréhension de l’œuvre utilisant, pour la première fois en concert, la fonction « replay » qui permet au concertiste de jouer sur une partie déjà enregistrée. Succès assuré.

. Ensemble vocal de Montpellier – Samedi 15 juin –

Le public montpelliérain s’est déplacé en grand nombre pour écouter cette pièce maîtresse du répertoire de musique sacrée : le Requiem de Fauré qui a bénéficié d’une homogénéité des voix basée sur une indéniable sûreté de chacun des pupitres. Nous avons apprécié la pureté extatique de la voix de la soprano Juliette Hammel dans le « pie Jesus » et la belle prestation du baryton Michel Bourguet avec beaucoup d’émotion dans le « libera me ». L’ensemble était placé sous la baguette rigoureuse de Franck Fontcouberte, passé maître dans la résolution des difficultés liées à la réverbération naturelle de la cathédrale et accentuées par la distance avec le Grand Orgue. Succès « énorme » et un public remercié par le Kyrie du « Requiem pour les vivants » de Dan Forrest. Une première audition en France.

. Zuzana Ferjencikova – Samedi 22 juin –

Zuzana, avec beaucoup d’émotion, a choisi de rendre hommage à son ancien maître Jean Guillou en interprétant deux de ses œuvres majeures : la fantaisie op.1 et sa transcription des « Tableaux d’une exposition » de Moussorgski. Une technique époustouflante au service de la recherche de la sonorité juste et adaptée. Une technique virtuose au service de la perfection. Buts atteints. Le public enthousiaste a réservé une ovation à cette jeune et talentueuse organiste dont le charme et la discrétion ont séduit les auditeurs déjà habitués à l’excellence.

. Holger Boensted – Samedi 29 juin

Concert classique et…reposant car les œuvres interprétées l’étaient selon des standards bien définis : rigueur, musicalité, silences, choix de sonorités. Nous avons eu tout cela. Cependant, si les auteurs allemands ont été remarquablement bien joués, ils le furent…mais de façon quelque peu « germanique ». Pour la grande sonate de Boëllmann, un peu plus de fantaisie même dans cette pièce post-romantique aurait été très certainement appréciée. Le public a été remercié de ses applaudissements par le 1er mouvement d’une sonate de Scarlatti.

. Maurice Clerc – Samedi 6 juillet

Avec son palmarès de plus de 1500 concerts et sa réputation « d’organiste béton » mais aussi d’organiste exigeant, Maurice Clerc n’a pas déçu son public qui lui a réservé l’accueil qu’il méritait. Après les danses étrangères de la Renaissance en guise d’amuse-bouche, il nous a servi en plat principal un 3ème choral de Franck romantique à souhait suivi par une Suite Médiévale en forme de messe basse de Langlais saisissante par la dimension contemporaine et avant-gardiste qu’il a su lui imprimer. Un dessert sautillant, léger et humoristique était servi avec la reconstitution d’un scherzo improvisé de Pierre Cochereau. Le public fut remercié de son accueil par une sonate de Clémenti et par un choral de Bach.

. Franz Hauk – Samedi 13 juillet

Cet organiste allemand de Bavière a souffert de la chaleur…tout comme le public a qui il a présenté quatre grandes œuvres du répertoire organistique français. Guilmant, Dubois, Messiaen et Boëllmann ont été remarquablement bien servis par un concertiste précis, méticuleux et possédant un jeu varié du plus bel effet. Ses interprétations d’auteurs français étaient inattendues, curieuses mais justes et du plus grand intérêt.

. Suzanne et Henk Galenkamp – Samedi 20 juillet

La sonorité du hautbois de Suzanne Galenkamp est particulièrement remarquable : élégante, suave et attachante, simple. Dans une communion parfaite avec l’orgue, l’artiste a sublimé les mélodies de Saint-Saëns et de Schumann, faisant preuve de sa très grande maîtrise de l’instrument notamment dans la cantilène pastorale de Guilmant.

Henk dominait son sujet dans les œuvres de Bach (Dorienne…hélas sans la fugue) et de Dubois (dont il a interprété sa toccata de façon magistrale).

Les auditeurs ont bénéficié en bis d’un aria du Messie de Haendel. Un «zugabe » bien apprécié.

. Bernard Texier – Samedi 27 juillet

Le métier a parlé. L’expérience du cantor de Starnberg a permis d’entendre les subtilités des œuvres interprétées. Le cantor a mis à son programme des auteurs français. Exclusivement. Normal pour ce Français expatrié en Bavière depuis plus de 40 ans. Le puissant chœur dialogué de Gigout précédait les variations délicates du 1er mouvement de la 5 ème de Widor. L’impromptu de Vierne (joué de façon élégante), les « Bergers » de Messiaen (véritable marche des pasteurs vers la crèche remarquablement restituée) étaient entrecoupés par des incontournables de Jean Langlais (Te Deum, Incantation, Dialogue sur mixtures) restitués de façon rigoureuse et… musicale.

. Sara Gianfelici et Giorgio Revelli – Samedi 3 août

Une première à la Cathédrale avec un concert orgue/guitare : deux sonorités difficiles à s’entremêler. Cependant, avec la sonorisation en tribune de l’instrument à 6 cordes, le son de la guitare a pu s’élever au-dessus de la voix profonde de l’orgue. Pari réussi que celui de faire vivre ensemble deux instruments que tout oppose.

Sara et Giorgio, que nous connaissions déjà pour leur remarquable concert à Sainte Eulalie en 2017, ont encore une fois fait preuve de leur talent, de leur musicalité et de leur technique au service d’auteurs et d’œuvres particulièrement appréciés des auditeurs. Nous retiendrons de leur prestation les variations de Fernando Sor et le concerto de Balbastre qui ont enchanté un public tout d’abord médusé…puis enthousiaste.

. Maximilian Beutner et Othar Chedlivili Samedi 10 août

Ce concert 4 mains/4pieds a aiguisé l’appétit de découverte culturelle d’un public peu habitué à ce genre de formation musicale.

Le jeune Maximilian qui se produisait pour la première fois à Montpellier a été perçu à juste raison comme un organiste sérieux, méthodique, original dans ses recherches sonores, carré et volontaire dans ses interprétations. Associé au titulaire de la cathédrale de Montpellier, les deux organistes ont fait entendre des œuvres peu jouées mais aussi des pièces d’orchestre retranscrites à l’orgue et restituées de façon dynamique et convaincante. En bis, deux extraits de Peer Gynt.

. Loreto Aramendi – Samedi 17 août

Cette jeune espagnole au prénom italien et au nom basque a impressionné son public en faisant preuve d’audace, de témérité et de… simplicité. Audace dans le choix des œuvres interprétées : retranscrites de l’orchestre à l’orgue, il fallait l’exigence de lisibilité de l’artiste qui n’a pas cherché à imiter l’orchestre mais à faire sonner l’instrument dans une remarquable recherche de sonorités. Témérité dans son dépassement systématique des difficultés techniques : une virtuosité éblouissante au service de la musique. Simplicité enfin, par son refus systématique du clinquant, de la facilité mais par sa volonté d’accompagner son public vers des hauteurs qu’il ignorait jusqu’alors. Ce dernier lui a réservé un véritable triomphe. En bis, une pièce de Philippe Glass,  charmante, simple …comme son interprète.

. Slava Chevliakov – Samedi 24 août

Avec sa sûreté du jeu et la maîtrise parfaite de l’instrument, ce jeune concertiste a dominé de façon éclatante les œuvres du répertoire qu’il interprétait. A l’aise dans la mise en valeur du contrepoint dans Bach, il a fait preuve de délicatesse dans le prélude fugue et variation de Franck. Mouchel, Gigout, Müller et Boêllmann avec leurs toccatas respectives ont été merveilleusement bien servis et honorés…avec une prière à Notre-Dame de Boëllmann en bis.

. Emmanuel Hocdé – Samedi 31 août

Avec le prélude et fugue BWV 532 en ré Majeur et le 1er mouvement de la 6ème de Widor, cet ancien grand prix de Chartres a montré la maîtrise et la sûreté que nous lui connaissions déjà. Son interprétation délicate et sensible de la 3ème symphonie de Fauchard a estompé les défauts de cette œuvre dont l’aspect « bavardage » n’a échappé à personne. Le concert s’est terminé en apothéose avec la toccata de Vierne interprétée brillamment et dans un tempo idéal pour l’instrument de la cathédrale. Pour remercier son public, le concertiste lui a offert une improvisation sur un thème libre, lui permettant d’entendre les rares sonorités de l’instrument qu’il n’avait pas utilisées dans les pièces précédentes.

. Olivier Eisenmann et Verena Steffen – Samedi 7 septembre

Ce couple de musiciens a pris le parti de faire entendre des œuvres peu jouées et des auteurs peu connus. Ils se sont fait plaisir en invitant le public à faire un tour d’Europe musical. Allemagne, Autriche, Suède, Canada, Hongrie et France étaient au programme. Le public s’est laissé bercer par les délicates romances de la flûte accompagnées avec une grande sûreté à l’orgue. Un concert sympathique et de découvertes avec des artistes au sommet de leur art.

. Franz Wassermann – Samedi 14 septembre

Le programme romantique proposé par un organiste allemand…en a surpris plus d’un ! Nous avons eu droit à une recherche de couleurs, de sonorités affables et suaves. Tout était dans la délicatesse du jeu de l’artiste. Franz Wassermann a réussi le pari de faire vibrer son auditoire tout au long de son concert, plus particulièrement avec un Mozart recueilli mais espiègle, un Dvorak nostalgique et chaleureux, un Naujalis profond et mystique. En bis, la toccata …en ré mineur.

. Daniel Clark – Samedi 21 septembre

Un concert pouvant être qualifié de parfait. Perfection en recherche de sonorités. Perfection en musicalité. Perfection en matière de virtuosité. Perfection dans la diversité des auteurs interprétés. Epoustouflant dans les variations sérieuses de Mendelssohn, sublime dans le « gloire à Dieu » en trio de Bach, à l’aise dans l’impossible sonate de Ritter, Daniel Clark nous a fait redécouvrir Vierne dans des extraits de sa 5ème symphonie. En bis, « Miroir » de Ed

. Guido Harzen – Samedi 28 septembre

C’est au pied levé que ce concertiste a remplacé Hans Peter Fischer. Pour le dernier concert de la saison, ce dernier fut éblouissant. Rigueur dans les auteurs classiques et baroques, initiative appréciée que celle d’intégrer des œuvres dites de Jazz, virtuosité évidente dans les pièces romantiques de Vierne. Cet organiste , germanique…jusqu’au bout des doigts, a eu l’originalité de jouer la retranscription de « Tango », œuvre pour orchestre de Stravinsky. Un grand moment.

Les concerts du samedi de la saison 2020

Othar Chedlivili, secrétaire et organiste titulaire, présente les 17 concerts de la saison 2020.

Sont prévus les concertistes suivants :

Juin

6 Mathieu Jolivet

13 Hélène Favier

20 Paolo Oreni

27 Alessandro Urbano

Juillet

4 Grégoire Rolland

11 Pierre Cambourian

18 Michael Matthes

25 Enrico Presti

Août

1 Josef et Suzanne Miltschitzky

8 Heinrich Wimmer

15 Jonathan Dimmock

22 Vincent Bernhardt

29 Kemp et Yoko English

Septembre

5 Ralph John Cupper

12 Ennio Cominetti

19 Camerata CAROLINA (Messe en Ré de Dvorak )

26 Thibaut Duret

4 thoughts on “Analyse des concerts du samedi de la saison 2019 _ projet 2020

  • 27 janvier 2020 at 19 h 54 min
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    Bravo pour toutes vos belles prestations !
    Amitiés de Josiane Guglieta à Othar Chedlivilli, en souvenir des années de conservatoire passées.
    josiane.guglieta@gmail.com

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    • 28 janvier 2020 at 9 h 25 min
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      Réponse à partir de mon adresse mail perso

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  • 22 août 2020 at 19 h 51 min
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    Bonjour je m appelle Olivier Barthe je suis élève organiste depuis 18 ans je prends des cours d Orgue au conservatoire de musique de Narbonne et de Carcassonne je joue des messes dans l Aude a Narbonne Plage et Narbonne. Et j aurais voulu un jour voir et jouer les orgues de Montpellier cathédrale. Je joue du bach Haendel cornette widor toccatta et mes cours du conservatoire. Merci beaucoup cordialement olivier Barthe

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    • 23 août 2020 at 10 h 32 min
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      Je serai au Grand Orgue de la Cathédrale de Montpellier pour jouer à deux mariages les 28 et 29 août prochains. On pourrait se retrouver après ces cérémonies soit le vendredi 28 août à 17 h soit le samedi 29 août à 17h.
      Apportez vos partitions. O. Chedlivili, titulaire.

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